Vies des dames galantes – Lionel-Edouard Martin

Vies des dames galantes

  • Auteur: Lionel-Edouard Martin
  • Editeur: Arlea
  • Date de parution: 2007
  • EAN13: 9782869597853
  • Genre: Litterature erotique
  • Langue: francais
  • Poids: 594g

Resume de “Vies des dames galantes”

Pierre de Bourdeilles, seigneur de Brantome est ne vers 1540 a Bourdeilles, Perigord, et mort le 15 juillet 1614, dans le chateau de Richemont, qu’il s’etait fait construire. Abbe commendataire (c’esta-dire laic, et designe par le pouvoir royal et non par les moines) et seigneur de Brantome, il va s’illustrer par les armes et par la plume en ecrivant sur les «grands» et les dames de son temps. Troisieme fils du baron Francois de Bourdeilles, Pierre de Brantome va passer son enfance a Nerac a la cour du roi de Navarre

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et de Marguerite d’Angouleme (de France, de Valois, de Navarre), dite le reine Margot. A la mort de Marguerite, en 1549, il se rend a Paris poursuivre ses etudes, qu’il terminera a Poitiers en 1555. En 1556, il recoit la commende de l’abbaye de Brantome des mains du roi Henri II, qui entendait ainsi honorer la mort heroique de son frere aine, le capitaine de Bourdeilles. Il devient ainsi abbe et seigneur de Brantome. En 1558, premier voyage en Italie. Rentre en France, il se lie aux Guises, les puissants seigneurs protestants, au grand prieur Francois de Lorraine et a sa niece Marie Stuart, la future reine d’Ecosse, mariee alors a l’ephemere roi de France Francois II (1559-1560). Apres la mort du roi Francois II, il fait partie de la jeune garde qui accompagne en Ecosse la jeune veuve Marie, qui entend prendre possession de son royaume. Il nous a laisse un livre emouvant sur ce voyage et sur la reine martyre. En 1562, Brantome rejoint l’armee royale et participe aux combats de la premiere guerre de Religion entre catholiques (qu’il est) et protestants, et notamment a la bataille de Dreux. Il se «croise» a Malaga, combat au Maroc, court a Lisbonne, a Madrid, traverse Milan, Rome, Naples et la Sicile, passe trois mois et demi a Malte, avec les chevaliers de Saint-Jean et, de retour en France, participe au siege de La Rochelle. En 1574, il met fin a sa carriere militaire et, en 1582, il s’eloigne du roi Henri III, qui vient d’octroyer la charge de senechal de Perigord au gendre de son frere Andre. Il s’apprete alors a trahir son roi et son pays en passant au service de l’Espagne, quand une chute de cheval le laisse infirme «perclus et estropie», cloue a Bourdeilles pour quatre annees. Pendant les trente dernieres annees de sa vie, retire dans ses terres, Brantome partage alors son temps entre sa maison de Bourdeilles, l’abbaye de Brantome, le chateau de la Tour-Blanche et sa derniere demeure, le chateau de Richemont. Il se consacre a l’ecriture, expiant une vie agitee, vagabonde et amoureuse, en dictant ses Memoires, souvent scandaleux, qui l’ont immortalise.
Outre les Vies des dames galantes, il a ecrit des chroniques, des recits de voyages, des recits de guerre et quelques biographies de ses contemporains. Le trait commun a tous ses ecrits est son amour pour les femmes, et notamment pour celles qu’il a connues: la reine Margot ou Catherine de Medicis, par exemple. Brantome meurt le 15 juillet 1560 dans son chateau de Richemont, ou il est enterre dans la chapelle. Publies posthumement, en 1665, dans une edition imparfaite et incorrecte, ses oeuvres devront
Attendre le XVIIIe siecle pour lui acquerir la reputation qu’il merite.
Les Vies des dames galantes sont extraites des Memoires de Brantome, qui comprennent les Vies des dames illustres, les Vies des hommes illustres et des grands capitaines et les Discours sur les duels. Ce sont bien sur les Vies des dames galantes qui ont apporte a Brantome la gloire litteraire, qui ont ete le plus souvent reeditees et sont les plus lues. Tous les critiques qui, depuis sa publication, ont commente cette oeuvre abondante et touffue s’accordent pour dire que Brantome est plus un conteur qu’un ecrivain, un parleur, un hablador, comme l’appellera Paul Morand ; un conteur salace, cynique, mais dont justement les «qualites» sulfureuses ont fait l’exceptionnelle originalite, le campant en temoin irremplacable des moeurs de la noblesse de son temps. Mais le temoin ne se soucie pas de faire oeuvre d’historien ; il raconte, sans souci de methode, de composition ni d’ordre ce qu’il a vu, ce qu’il entendu ; il decrit les hauts personnages qu’il a rencontres, et surtout les «grandes dames belles et honnetes» qu’il a approchees a la cour de France et dans l’Europe entiere. Son modele, meme si l’eleve est bien loin d’egaler le maitre, c’est bien sur Boccace, mais un Boccace perigourdin, roue, gourmand a table comme au lit. Peu d’ecrivains, sans doute, ont aime les femmes autant que notre abbe commendataire, leur chair blanche, leur bouche, leurs jambes. Aucune limite n’est pour lui concevable au deduit. Il semble qu’il ne peu pas s’arreter de parler de l’amour, de l’amour physique ; il en fait d’ailleurs la demonstration a la fin de maints paragraphes en s’exclamant qu’il en a assez dit, qu’il lui faut s’arreter, que trop, c’est trop ; mais il ne le peut et il en rajoute: encore une histoire de lit, encore une anecdote grivoise ! Pour lui, l’amour et le desir commandent tout: «Il n’y a de loi qu’un beau cul ne renverse !» Certes on a pu le trouver cancanier, vantard, raseur, meme, parfois ; certes son style est decousu ; certes il repete a l’envi ses exemples, certes, son vocabulaire est bien souvent incertain, mais il a enleve de haute lutte et conserve une place unique dans les lettres francaises, car ses defauts se sont changes en qualite d’exception. Un exemple parmi des milliasses: qui d’autre que lui aurait invente, pour parler du plus redoutable fleau des amants, le «nouement d’aiguillettes», l’impuissance au lit, des mots aussi savoureux que «debolesse», «flasquesse» et «molliture» ?Le livre est divise en sept chapitres, que Brantome nomme des discours, dont le titre a lui seul donne une assez bonne idee du contenu: Premier Discours: «Sur les dames qui font l’amour et leurs maris cocus» ; Deuxieme Discours: «Sur le sujet qui contente le plus en amour: le toucher, la vue ou la parole» ; Troisieme Discours: «Sur la beaute de la belle jambe et la vertu qu’elle a» ; Quatrieme Discours: «Sur l’amour des dames vieilles, et comme certaines l’aiment autant que les jeunes» ; Cinquieme Discours: «Les belles et honnetes dames aiment les hommes vaillants et les hommes braves aiment les femmes courageuses» ; Sixieme Discours: «Il ne faut jamais parler mal des dames, et la consequence qui en vient» ; Septieme Discours: «Sur les femmes mariees, les veuves et les filles, a savoir lesquelles sont le plus chaudes a l’amour». Brantome termine curieusement son ouvrage en precisant que, si on entend publier ce livre, il sera indispensable de recourir a un correcteur pour mettre un peu d’ordre dans sa composition. Ce que nous nous garderons de faire, notre travail consistant davantage en une mise en francais moderne d’un texte qui, bien que contemporain des Essais de Montaigne, offre une rugosite et un archaisme bien plus reveches. Plutot qu’une mise en francais moderne, on peut ici parler de «quasitraduction », certains passages restant incomprehensibles malgre le rajeunissement de l’orthographe et de la syntaxe. Enfin, signalons que toutes les editions actuellement disponibles des Vies des dames galantes ont ete publiees dans la langue originale et que, malgre les notes, elles ne permettent pas une lecture lineaire de ce texte savoureux.