Lettres a Eugenie – Ou Preservatif contre les prejuges – Paul Henri Dietrich Holbach

Lettres a Eugenie - Ou Preservatif contre les prejuges

  • Auteur: Paul Henri Dietrich Holbach
  • Editeur: Coda
  • Date de parution: 29/06/1905
  • EAN13: 9782849670415
  • Genre: Christianisme

    Prejuges
     / 
    Liberte de pensee
  • Langue: francais
  • Format: 180×110
  • Poids: 194g

Resume de “Lettres a Eugenie – Ou Preservatif contre les prejuges”

” nos pretres ne regardent plus ni comme leur prochain, ni meme comme un homme, quiconque ne pense pas comme eux.

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C’est sans doute d’apres ces idees, qu’ils decrient, qu’ils persecutent et qu’ils font, quand ils peuvent, exterminer tous ceux qui leur deplaisent. on ne les voit guere pardonner a leurs ennemis que lorsqu’ils sont dans l’impuissance de s’en venger. il est vrai que ce ne sont jamais leur propres injures qu’ils vengent, ce ne sont point leurs propres ennemis qu’ils veulent exterminer, ce sont les injures faites a dieu – qui sans leurs secours ne pourrait sans doute point se venger par lui-meme.
Si nous examinons sans prejuge la source d’une infinite de maux dans la societe, nous verrons qu’ils sont dus aux speculations fatales de la religion qui, enivrant les hommes d’enthousiasme, de fanatisme et de delire, les rendent aveugles, inconsideres, ennemis d’eux-memes et des autres.
Un dieu tyrannique, partial et cruel ne rendra jamais ses adorateurs equitables et bienfaisants. des pretres qui nous ordonnent d’etouffer la raison ne feront jamais de nous que des etres deraisonnables, prets a s’enflammer de toutes les passions qu’ils voudront nous inspirer.
Il est vrai que leur interet exige que nous soyons tels. ils veulent que nous leur sacrifions notre raison parce que cette raison pourrait les contredire et ruiner leurs grands projets.
La foi n’est utile que pour eux ; elle leur soumet des esclaves abrutis dont ils font ce qu’ils veulent et qui deviennent les instruments de leurs passions. voila d’ou vient leur zele pour la propagation de la foi, voila la vraie cause de leur inimitie pour la science et pour ceux qui refusent de plier sous leur joug ; voila pourquoi, quand ils peuvent, ils etablissent l’empire de la foi (c’est-a-dire leur propre empire) par le fer et par le feu, qui leur tiendront toujours lieu d’arguments.
Vous voyez donc, madame, que les hommes qui pensent et qui apprennent a penser aux autres sont bien plus utiles aux souverains que ceux qui veulent etouffer la raison et proscrire a jamais la liberte de penser.
Vous voyez que les vrais amis de la puissance souveraine sont ceux qui repandent des lumieres sur les peuples. ”