Le silence des spheres – Valery Afanassiev

Le silence des spheres

  • Auteur: Valery Afanassiev
  • Editeur: Corti
  • Collection: Domaine Francais Corti
  • Date de parution: 20/05/2009
  • EAN13: 9782714309983
  • Genre: Musique
  • Langue: francais

Resume de “Le silence des spheres”

J’ai commence a ecrire ce texte en anglais. Peu a peu, je me suis rendu compte que j’ecrivais un poeme, pas une conference. Et c’est une conference que je devais ecrire pour repondre a la demande de mon impresario japonais: il voulait que j’ajoute une note litteraire – pour ne pas dire musicologique – aux concerts que je donne pendant mes tournees au Japon. A Moscou, j’ai etudie la theorie musicale pendant de longues annees, si bien que je pourrais ecrire un livre savant. Mais il importe au premier chef qu’un lecteur

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(ou un auditeur) se rende compte de l’aspect omnipresent de la musique, du cosmos qu’elle devoile, auquel elle appartient. (Cette phrase ampoulee serait a sa place dans le Discours de la musique qu’un emule de Descartes aurait pu ecrire.) Les philosophes chinois disent que, grace a la musique, ” les yeux et les oreilles voient et entendent bien ; entre le sang et le souffle s’etablit un equilibre harmonieux ; les moeurs se civilisent ; la terre des hommes est paisible. ” Ils croient que ” de la musique resulte l’union harmonieuse du ciel et de la terre “. Dans les textes qui suivent je me penche egalement sur l’aspect destructeur de la musique, neglige par les musicologues mais souligne par les poetes.
Ce que je propose est l’approche multiple d’une sphere qui s’apparente a l’aleph de Borges ou au Dieu de Spinoza. Les ecrivains d’aujourd’hui ne peuvent ignorer Musil et Proust sous peine d’amputer une partie de notre cerveau: concevoir des oeuvres qui ne tiennent pas compte de leurs recherches serait revenir a un temps ou la mecanique quantique et la relativite n’existaient pas. En revanche, un compositeur peut ignorer Schoenberg, et cela en vertu de l’omnipresence de la musique. Quoi que l’on fasse, on n’en fera jamais abstraction.
Je propose aussi un commentaire sur cette maxime chinoise: ” L’ombre d’un oiseau qui vole ne bouge jamais. “