Le bigame truffier – DELESTRE LUC

Le bigame truffier

  • Auteur: DELESTRE LUC
  • Editeur: Elan Sud
  • Collection: Terroir
  • Date de parution: 18/11/2009
  • EAN13: 9782911137167
  • Genre: LITTERATURE FRANCAISE ROMANS REGIONAUX
  • Langue: francais

Resume de “Le bigame truffier”

On connaissait les chiens truffiers, les verrats truffiers et meme, certains jours sans vent, les inities a la recherche du diamant noir suivant la mouche couleur tabac clair. Mais personne n’aurait imagine qu’un homme puisse etre ” truffier “. C’est pourtant ce qui s’est produit a Monroque, village des monts deVaucluse. Ce recit, empreint d’humour, pose un regard sur la vie, avec l’innocence de celui qui sait, mais ne peut rien dire.

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Les premieres lignes “Comment et pourquoi Monsieur Eliott est-il arrive a Monroque ? Personne ne le sait vraiment. A dire vrai, chacun a son idee ; Madame Gras, qui tient le bureau de tabac, a autant d’explications que de clients. Mais toutes sont concordantes: ce n’est pas un hasard. Pourtant moi, je sais qu’il est arrive la par hasard et, s’il a fait une halte a Monroque, c’est parce que la lumiere de fin d’ete etait belle et doree et que la place etait ombragee, parce que la fontaine etait moussue et que l’eau debordait de la bassine, parce que la boulangere lui a souri et parce que le patron etait dans un bon jour pour lui servir une biere pression sur la terrasse sans trop recriminer. Voila pourquoi il s’est arrete. C’est aussi simple ! Le fait est qu’un jour de debut septembre, on l’a vu arriver au volant d’une voiture de location. C’etait un samedi ou un dimanche. Mais quelle importance que ce soit un jour de la semaine ou un autre ! Moi, je l’ai suivi du regard et je l’ai vu flaner sur la place, rendre son sourire a la boulangere, tater l’eau de la fontaine et s’en humecter les tempes et les joues pour se rafraichir. Puis, il s’est assis a la terrasse pour lire ses journaux. Il a bu une biere avant de commander son repas. De la daube ou quelque chose comme ca. Un plat d’hiver alors qu’il faisait encore bien chaud. Il faut dire que les plats du jour s’ordonnancent d’une facon immuable dans le cafe restaurant de Monroque. C’est immuable comme les jours de la semaine. Jacques, le patron, a des menus standards pour chaque jour et refuse meme de parler d’un quelconque changement. C’est un sujet qui fache et qu’il ne faut pas aborder. Ce jour-la, c’etait la daube – donc un samedi – et tout le monde etait dehors. Les boulistes jouaient en bras de chemise et les derniers chasseurs revenaient degoulinants de sueur de leurs escapades dans les collines. Moi, je paressais a l’ombre des platanes. La battue dans la combe noire n’avait rien donne ce matin-la, et ce ne sont pas les quelques malheureux faisans d’elevage laches la veille qui avaient reveille mon instinct de chasseur. Les pauvres volatiles savaient a peine voler et retombaient lourdement sur le sol quand un coup de botte malencontreux les derangeait dans leur sieste d’obeses. La petarade qui s’en suivait m’avait fait renoncer a rechercher dans les touffes de genets cette boule de plomb recouverte de quelques plumes de couleur. Chaque malheureux faisan etait fusille au moins quatre fois avant d’etre declare mort. Mais toutes ces gesticulations et toutes ces petarades faisaient l’objet d’abondants commentaires quand les tartarins du village entamaient le quatrieme pastis de la matinee.