Essai historique sur la puissance temporelle des Papes – Pierre-Claude-Francois Daunou

Essai historique sur la puissance temporelle des Papes

  • Auteur: Pierre-Claude-Francois Daunou
  • Editeur: Coda
  • Date de parution: 29/06/1905
  • EAN13: 9782849670439
  • Genre: Papes

    Papaute
  • Langue: francais
  • Format: 210×150
  • Poids: 382g

Resume de “Essai historique sur la puissance temporelle des Papes”

Cet essai historique represente un cas isole et remarquable.

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En effet, peu de documents sont consacres a l’histoire de la puissance temporelle et materielle des papes. C’est a la demande de Napoleon 1er, qui souhaite se preparer aux negociations du Concordat avec Pie VII, que Daunou, proche de Volney et des Ideologues, l’ecrit en 1799. Il n’est publie qu’en 1810, pretendument traduit de l’espagnol et augmente des Considerations generales sur la cour de Route, de l’Expose des maximes de la cour de Route, de l’Expose des maximes de l’Eglise gallicane et de l’Expose de la conduite de la cour de Rome.
La precision meticuleuse des references historiques, la franchise et l’honnetete requises par l’empereur, qui souhaitait connaitre exactement la nature et l’histoire politique des relations entre le Vatican et l’Etat francais, en font un livre unique, eclairant brillamment en particulier la connaissance du contexte precedant la loi de 1905 prononcant la separation des Eglises et de l’Etat. ” La tolerance de toutes les manieres d’adorer Dieu est une dette des souverains envers leurs sujets.
L’Evangile, qui prescrit d’enseigner la verite et d’eclairer ceux qui se trompent, defend par cela meme de les persecuter, puisque la persecution doit les endurcir dans l’heresie ou extorquer d’eux des abjurations mensongeres qui depravent la morale et outragent la religion. Tous les rois chretiens qui ont tourmente des sectes religieuses se sont vus a leur tour inquietes par les papes et forces de leur resister.
Saint Louis meme n’a point echappe a cette juste disposition de la Providence. Pour savoir jusqu’a quel point un prince subit le joug des pontifes, il n’y a qu’a voir a quel degre il comprime les consciences de ses sujets. Sa propre independance a pour mesure la liberte religieuse qu’il leur laisse. Il faut, s’il ne veut etre asservi lui-meme, qu’il refuse inflexiblement aux pretres et au prince des pretres la proscription des cultes etrangers a la religion dominante.
La liberte ou, si l’on veut, la tolerance de ces divers cultes, suppose dans ceux qui les exercent, l’intacte jouissance de tous les droits naturels, civils, politiques, accordes aux autres sujets. D’ou il suit que la legislation doit pleinement detacher du systeme religieux l’Etat des personnes, et par consequent les actes de naissances, mariages, divorces, sepultures qui concourent a le determiner.
Ici le ministere ecclesiastique se restreint a recommander aux fideles l’observation de certains preceptes ou conseils religieux, et a leur offrir l’usage des ceremonies liturgiques ou sacramentelles instituees pour sanctifier ces diverses epoques de la vie humaine. C’est a la legislation civile, et a elle seule, qu’il appartient d’etablir des officiers purement civils pour constater ces actes, pour les revetir des formes qu’elle a prescrites et qui doivent en assurer l’authenticite publique, en garantir tous les effets.
Or, une telle legislation est elle-meme un des plus fermes obstacles aux usurpations ecclesiastiques et a l’influence funeste que le chef du clerge voudrait exercer dans l’interieur des empires et des familles. “