Loading...

K. 622

  • Auteur:
    Christian Gailly
  • Editeur:
    Minuit
  • Collection:
    Double Minuit
  • Date de parution: 06/01/2011
  • EAN13:
    9782707321428
  • Genre:
    LITTERATURE FRANCAISE ROMANS NOUVELLES CORRESPONDANCE
  • Langue:
    francais

Resume de « K. 622 »

Une nuit alors qu’il est au lit dans le noir et somnole la radio allumee, la musique de Mozart s’insinue dans la chambre et le reveille. L’emotion est si forte qu’il a peur de la perdre, de ne jamais pouvoir la revivre. Il se procure differents enregistrements de l’oeuvre, les ecoute, mais chaque fois quelque chose manque, il ne retrouve pas le plaisir de cette nuit-la. Puis un jour il apprend que le concerto va etre donne a Paris. Il decide de s’y rendre.

… Lire la suite

Retrouver une emotion, tel est le projet que poursuit Christian Gailly, ou son narrateur, dans K.622. Il le poursuit en vain mais s’il ne parvient pas a eprouver pleinement une joie ou un plaisir perdus, a jamais enfuis, il s’en approche et il fait partager au lecteur, non pas les affres, mais les moments heureux et imprevus de cette recherche . Ce n’est pas cela, c’est presque cela ! On en est tres pres ou, le plus souvent, tres loin. Comment en irait-il autrement puisqu’il s’agit d’une emotion musicale, infiniment subjective, semble-t-il, que le narrateur a ressentie, un soir d’hiver, en entendant a la radio le Concerto pour clarinette en la majeur de Mozart. Son chiffre apparait en bleu sur la couverture du livre: K.622.
Il l’entendait pour la premiere fois, et c’est devenu pour lui un evenement fondateur, comme une revelation de la beaute, un instant unique et privilegie. Comment le ressaisir ou le retrouver ? Meme s’il est persuade de la vanite de son effort, le heros de Christian Gailly s’y emploie cependant avec une sorte d’acharnement moqueur. Car c’est le ton du recit: l’emotion dejouee ou tournee en ridicule par celui qu’elle gagne et qui s’en defend: suis-je bete !
Il n’a pas note le nom des interpretes et s’egare chez divers disquaires, acquiert finalement trois versions du fameux concerto, l’une d’elles au fond d’une boutique obscure ou la vendeuse ecoute le disque avec lui  » dans la penombre parcourue de volupte sonore « … Une emotion qui s’ajoute a la premiere sans la remplacer. Mais cette femme presque invisible, qui partage son ecoute, est un personnage qu’on n’oublie plus.
D’autres apparaissent dans les marges du recit, telles Janine et Lucienne, vendeuses dans un grand magasin. Le narrateur apprend que le concerto de Mozart va etre joue a Paris. Pour assister a ce concert, il a besoin d’un costume, de chaussures, d’une chemise assortie.  » Je n’ai rien a me mettre « , se dit-il: des lors le voici change en personnage de roman dont nous suivons les mesaventures burlesques.
Si le lecteur croit s’eloigner du sujet principal, il se trompe, ces digressions y participent a leur facon, elles font parties du recit, elles s’integrent comme des obsessions mineures a une obsession majeure. Elles inserent l’emotion dans l’espace reel et accidente ou elle se meut, ou elle se fraie un chemin souvent detourne et oublieux. L’ecriture de Christian Gailly mime a merveille cette derive secretement orientee.
Georges Anex, Journal de Geneve Christian Gailly est ne en 1943.

PARTAGEZ CE LIVREShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Les informations sur la Commission pour examen. Téléchargez ce livre sur notre site, vous ne pouvez pas, chercher ailleurs.